Digitalisation, télétravail et rationalisation… Quelle sera l’entreprise de demain ?

Digitalisation, télétravail et rationalisation… Quelle sera l’entreprise de demain ?

Margot Charbonnel

23/09/2020

Septembre. Nous avons déjà repris le chemin des bureaux. Près de 5 mois après le début du déconfinement, le port du masque et la distanciation sociale prônent et rythment désormais nos vies.

La crise sanitaire nous a tous marqué. Ce fut aussi un temps pendant lequel beaucoup ont pu prendre du recul. Aujourd’hui, on peut s’interroger sur le monde de l’entreprise dans nos sociétés actuelles. Et si une autre crise sanitaire approchait ? Serions-nous, cette fois, prêt à l’affronter ? Il semble nécessaire d’apprendre de nos erreurs. Nous sommes arrivés à un point de rupture et il est temps de se réinventer. Quelle sera alors l’entreprise de demain ; celle qui pourra résister à une potentielle autre crise ?

Le confinement a été l’occasion pour les entreprises de faire le point sur leur capacité à réagir et si les moyens administrés sont suffisants ou non. Avant la crise sanitaire, de nombreuses entreprises considéraient qu’elles étaient sur la bonne voie vers une transformation digitale voire suffisamment efficace pour certaines. Optimiste mais illusoire, le constat est tout autre. Le confinement a révélé un profond retard relatif à leur digitalisation. En effet, pendant cette période de confinement forcée, ces entreprises n’ont pas été en mesure de tenir leurs promesses auprès de leurs clients : Impossibilité de les accompagner pendant la crise, un suivi partiel, et cela dû à un profond manque d’outils mis en place à disposition des salariés.

"Cette étude montre que la transformation digitale ne peut plus être un simple atout pour les entreprises, explique Don Schuerman, directeur de la technologie (CTO) et vice-président du marketing produit chez Pegasystems. Même ceux qui estimaient leur transformation digitale bien avancée prennent aujourd'hui conscience qu'ils n'en sont qu'aux prémices. Les entreprises risquent de devoir passer de nouveau en revue tous leurs départements pour déterminer leur aptitude à opérer une transformation digitale ou à en assumer les conséquences, qu'une nouvelle crise d'une telle magnitude survienne à nouveau ou non."

Le télétravail, tantôt décrié, tantôt synonyme de meilleur organisation pour d’autres, fut au cœur des préoccupations. Il s’est imposé comme seule solution possible pour limiter les dégâts pour des nombreuses entreprises (qui le peuvent) pendant le confinement. Des millions de Français, des cadres et apparentés se sont essayés au travail à la maison à temps complet. On le sait, la France demeure terriblement en retard dans cette pratique du travail à domicile par rapport aux pays scandinaves et anglo-saxons. Ils étaient 7% à le pratiquer de façon régulière avant le confinement. Cela fait des années voire des décennies que l’on parle de télétravail. Il y a une réelle réticence d’une partie des entreprises et des managers à ne pas avoir de contrôle visuel de leurs salariés.

« Avoir un contrôle visuel de leurs salariés ». Cette expression pour le moins négative relate des conditions de travail en Hexagone. Les managers ont besoin de suivre mais aussi de surveiller leurs salariés. Il est alors logique que le télétravail ne puisse pas être suggérer en temps normal. On est loin du modèle nordique qui prône la vie familiale et le bien être au travail. C’est probablement là que l’on pourrait s’inspirer pour construire l’entreprise de demain. Celle qui respecte véritablement l’équipe vie pro et vie perso d’un côté et qui se soucie véritablement de ses salariés.

Aujourd’hui, nos vies sont souvent organisées autour du travail, alors, quand il ne nous satisfait plus, tout s’effondre. Les salariés ont plus que jamais besoin de donner du sens à leur métier. Il est illusoire de penser que tout le monde va pouvoir être en adéquation avec ses réflexions et ses valeurs. En 2019, 73% des Français étaient d’accord avec l’affirmation suivante : « J’aimerais revenir à l’essentiel, me concentrer sur ce qui compte vraiment pour moi » Un chiffre en hausse.
Le confinement a permis à bon nombre de Français de prendre du recul et pourquoi pas développer des idées et des concepts. Parce que oui, aujourd’hui, on ne veut plus travailler pour un manageur qui ne sait pas manager et encore moins lorsqu’on sait qu’une potentielle autre crise peut nous tomber dessus.

Le modèle sociétal dans lequel nous évoluons semble se muer doucement. Les priorités changent et cela en entreprise ainsi que dans nos vies perso. Désormais, c’est la distanciation sociale qui fait loi. Cela résulte de plusieurs effets :
On assiste à une large dématérialisation. Jamais autant d’activité n’a été faite virtuellement : Communiquer (autant avec ses collègues et avec ses proches), louer, acheter, vendre, se faire livrer… Avoir accès à tout en instantané via son smartphone. La vie sous Covid a fait émerger une nouvelle génération de consommateurs digitaux : la génération N. On s’aperçoit que l’offre s’est adapté à cette demande si particulière.
On constate également qu’il y a un effet de rationalisation évidente. Désormais, les consommateurs font attention et cherchent les meilleurs prix et prendre plus de temps pour se décider. Dans un contexte tendant vers la seconde main et le respect de l’environnement, la dernière décennie a marqué un boom du marché de l’occasion : au delà du prix, ils réfléchissent au contenu.

L’accumulation et l’hyperconsommation est fini (ou presque). Du côté des entreprises, celles ci sont de plus en plus transparentes et responsables. On ne parle pas nécessairement de minimaliste. Le plaisir de consommation est bel et bien toujours présent chez les français mais désormais ils s’interrogent sur leurs habitudes et leurs impacts.

Finalement, on constate une rupture que ce soit au travail mais aussi globalement dans nos habitudes. On peut alors s’interroger : quelle serait la solution la plus adaptée pour réunir tous ces éléments ? L’entrepreneuriat semble séduire de plus en plus. De part sa liberté (géographique mais aussi l’absence totale de hiérarchie), sa faible empreinte carbone, ses possibilités infinies de création, mais aussi pour le challenge que cela représente.


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