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Témoignage. Xavier, cofondateur de Dirgird présente son projet et parle de sa recherche d’associé.

Témoignage. Xavier, cofondateur de Dirgird présente son projet et parle de sa recherche d’associé.

Valentin Brulin

20/06/2018

Dans cet article, nous vous livrons le témoignage de Xavier Benard, CEO de Dirgrid. Il vous présente son projet et vous explique les démarches qu’il a adoptées en termes d’association, avec Paul, son associé développeur.

Témoignages.

POUVEZ-VOUS VOUS PRÉSENTER RAPIDEMENT ?

Xavier : Dirgrid, mon projet actuel, est la troisième entreprise que je crée. Dans ma première entreprise, je mettais en place des logiciels pour des sociétés de Leasing. Nous avons décidé de la vendre à un leader mondial en 2006. Après cela, je redevenu salarié chez un de mes clients, Aon, qui est le premier courtier mondial d’assurance. Ensuite, j’ai remonté une autre société qui s’appelle Déclasin pour gérer les parcs de flottes d’assurance automobile. En voulant automatiser le tarificateur, on rencontrait des difficultés en termes de productivité, et on a alors cherché un logiciel nous permettant de résoudre le problème. C’est à partir de là qu’on a créé Dirgrid car nous n’avions pas trouvé de réponse.

POUVEZ-VOUS PARLER UN PEU PLUS DE VOTRE PROJET ?

Xavier : Dirgrid est une application qui permet de simplifier la recherche et la modification de données sur Excel. Je vais m’expliquer dans un cas concret. Par exemple, en assurance, quand on doit chiffrer un tarif pour couvrir une flotte automobile, il faut effectuer des recherches sur plusieurs années pour connaître la fréquence et les dépenses liées aux incidents. Ainsi, sur une flotte d’une centaine de voitures sur trois ans, on se retrouve avec au moins cent lignes de sinistre à saisir. Malheureusement, les courtiers enregistrent chaque sinistre sur un format qui leur est propre. On se retrouve donc vite avec des abréviations et du vocabulaire différents.

Par exemple, certains peuvent utiliser le mot « parebrise » ou alors « BDG » pour la même donnée. On est alors souvent confronté à des problèmes de lisibilité et de perte de temps parce qu’on doit retraiter les fichiers et les réécrire à la main avant de pouvoir les intégrer. Le logiciel repère alors tous les « BDG » dans le fichier input, et les ressort au format que vous aurez choisi, par exemple « Bris de glace ». C’est une équipe data du CNRS qui a développé, à notre demande, ces algorithmes de recherche. Paul, mon associé, a repris leurs prototypes qui n’étaient pas adaptés au web, en les rendant «friendly » pour les utilisateurs.

COMMENT CETTE IDÉE VOUS EST-ELLE VENUE ?

Xavier : Dirgrid m’a semblé être une idée exploitable sur un marché qui est énorme, d’environ 3% d’utilisateurs dans le monde (750 millions), mais qui ne comprend absolument aucun concurrent sur ce complément métier. Au début, j’en avais besoin pour mon activité et je n’avais pas prévu de le faire. Cependant, c’est parce que nous n’avons rien trouvé, qu’on a décidé de le créer. Lors de mes recherches, j’ai découvert des travaux publiés par un chercheur du CNRS. Je me suis alors rapproché de l’équipe de chercheurs en expliquant mon problème, et ce que je recherchais. On a travaillé 10 mois ensemble pour se comprendre et réaliser un prototype fonctionnel.

VOUS VOUS ADRESSEZ DONC PRINCIPALEMENT À DES ENTREPRISES ?

Xavier : Oui, nous nous adressons à des utilisateurs métiers, essentiellement des entreprises, des consultants, des gestionnaires et toutes les personnes qui récupèrent des fichiers Excel avec une certaine fréquence sur des formats qui sont, par contre, trop différents à chaque fois.

A QUEL MOMENT VOUS ÊTES-VOUS DIT QUE VOUS AVIEZ BESOIN D’UN ASSOCIÉ ? POURQUOI NE PAS ÊTRE PASSÉ PAR UN FREELANCE OU UNE AGENCE ?

Xavier : Afin de piloter le système, il me fallait une double compétence avec un profil technique. Je souhaitais trouver un associé qui partagerait ma vision et qui serait investi sur le projet à long terme. Après, cela ne signifie pas qu’on ne prendra aucun prestataire. Si Paul n’a pas le temps, on en prendra, mais c’est sous son contrôle.

COMMENT VOTRE RECHERCHE D’ASSOCIÉ S’EST PASSÉE SUR COFONDATEUR ?

Xavier : Cela a été une drôle d’aventure. J’ai passé une annonce sur Cofondateur et je suis rentré en contact avec des candidats. Malheureusement, la plupart d’entre eux n’avait finalement pas assez de temps pour s’investir. Cependant, quand j’ai rencontré Paul, il a tout de suite compris l’esprit du projet et les contraintes du logiciel. On a tout de suite eu un bon feeling. C’était un contenu technique qui le passionnait. On a alors mis le projet en route et il a fait des miracles. Les résultats qu’il apportait me confortait dans mon choix. Chacun s’occupe de son expertise : moi du métier, et lui de la technique, mais nous partageons tous nos choix.

AUJOURD’HUI, VOUS TRAVAILLEZ EN REMOTE ?

Xavier : Oui, nous travaillons à distance, et nous échangeons donc principalement par téléphone ou mail. Il s’agit d’un échange assez original. Cependant, à terme, notre système est fait pour fonctionner sans nous de manière complètement automatique.

ETES-VOUS À TEMPS PLEIN SUR CE PROJET ?

Xavier : Non, Paul et moi travaillons sur autre chose à côté. Nous avançons sur le projet sur notre temps libre, environ deux ou trois jours par semaine, et le week end. Nous avons donc mis plus de temps pour démarrer. Par ailleurs, travailler avec le CNRS met également du temps. Les démarches sont très longues. Au final, cela aura duré deux ans.

CONCERNANT LA RÉPARTITION DES PARTS, COMBIEN DE TEMPS AVEZ-VOUS MIS POUR VOUS METTRE D’ACCORD ? QUELS SONT LES CRITÈRES SUR LESQUELS VOUS VOUS ÊTES APPUYÉS ?

Xavier : Je lui ai proposé les statuts que j’avais déjà dans une autre société et qui fonctionnaient plutôt bien. Cela lui convenait. Cependant, après avoir vu le travail effectué et l’investissement dont il a fait preuve, j’ai augmenté ses parts. J’ai voulu valoriser son travail, et lui donner un retour sur la qualité qu’il proposait. Vous savez je pense que dans une entreprise, s’il y a un déséquilibre entre actionnaire cela ne peut pas marcher. Afin que toutes les personnes qui se trouvent autour de la table ne se posent pas de question, les statuts doivent être suffisamment équilibrés.

QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS AUX MEMBRES DE COFONDATEUR POUR UNE RENCONTRE RÉUSSIE LORSQU’ILS SONT DANS CETTE DÉMARCHE DE RECHERCHE D’ASSOCIÉ ? QUELLES SONT LES ERREURS À NE PAS FAIRE SELON VOUS ?

Xavier : C’est une question très compliquée. Trouver une personne qui accompagne techniquement notre projet est simple : on peut trouver des consultants ou des prestataires. Mais trouver quelqu’un qui partage la même vision d’un projet, où tout reste à prouver car il n’existe aucune concurrence, c’est plus compliqué. Sur mon précédent projet, je n’avais aucun associé technique, et c’était une erreur. Je pense qu’il faut être d’accord sur le temps qu’on y consacre, l’ambition et le contenu dès le départ. Il faut savoir si on a envie de faire la même chose. On doit partager la même vision et savoir où on veut aller et comment on veut y aller. Il y a certaines personnes qui disent « moi je vais passer 3h sur le projet, je n’apporte aucun financement, et je veux 20% ». Cela ne me semble pas très fiable.

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